Arrivée grand spectacle sur la Station Delta (Flash movie).
Dans
la fumée qui se dissipe, les dix graphonautes réalisent
qu'un épisode inoubliable de leur vie vient de s'ouvrir dans
le silence de l'espace.
Le souffle un peu court, les yeux écarquillés, ils pensent
aux dix semaines à venir, jusqu'à ce qu'un robot les
sorte de leur transe pour les guider, en babillant d'inutiles paroles
de bienvenue, dans les profondeurs de la Station Delta.
Tweetoz, robot causeur.
Et
une semaine plus tard
Cliquez sur les Graphonautes pour lire leur " Message à
la Terre, 1ère Semaine "
Pour
les dix graphonautes, la semaine qui vient de se dérouler a
représenté un véritable kaléidoscope de
sensations et d'images.
Chaque matin, un robot les a cueillis au saut du lit pour une visite
guidée dans les entrailles de l'astéroïde. A peine
le temps d'enfourner un sandwich et de vider un thermos de mauvais
café lyophilisé, les voilà filant à travers
les coursives dans de petites graphomobiles à lévitation
magnétique, pour une présentation expresse des différents
projets en cours sur la Station Delta.
Jungle Vectorielle en espace sémiobiotique "
Et
les journées de se dérouler dans une suite de visions
fantastiques, et de commentaires à peine compréhensibles,
mitraillés par les vocoders enjoués de leurs guides
:
" La Jungle Vectorielle exploite une substance d'expression
sémiobiotique soumise à prolifération d'articulations
formelles. Celles-ci sont générées automatiquement
par reproduction semi-chaotique "
" Aïe ! ça doit faire mal ! " remarque Pifou,
provoquant le rire clair de Clot et Bochausson, tandis que deux ou
trois visages plus sérieux, dans l'assistance suivent avec
attention et sans trop se faire remarquer, les différentes
explications.
Par
chance, le spectacle est souvent impressionnant même quand le
commentaire se noie dans les cliquetis et vrombissements divers qui
rebondissent sur les immenses parois cavernicoles de l'Astéroïde.
Et partout, des robots, de toutes tailles et de toutes fonctions s'activent
dans un étrange ballet improvisé : ici sortant d'un
tunnel, là disparaissant dans une anfractuosité, glissant
sur un fil de lumière, ou plongeant dans un puit sans fond
Multitudes machiniques formant d'harmonieuses cohortes, leurs méticuleuses
trajectoires réglées par de micro-programmes indépendants
" La Ferme des Pixels ", sans pixels, pas d'image. Sans
ferme pas de pixels
Quelques
images surnageant, parmi tant d'autres : leur graphomobile s'arrête
devant un projet intitulé " Ferme des Pixels ". Le
trois filles du groupe, mues par une même pulsion jaillissent
des habitacles et se précipitent au milieu des stalak-pixs
colorés, en sautillant comme au Jeu de Marelle, en chantant
quelque quatrain sans queue ni tête. Attendris, les sept garçons
les regardent s'ébaudir. Il y a dans cette scène quelque
chose de primitif et d'ancien qui les émerveille. Le Jardin
des Pixels tel un paradis céruléen où dansent
d'antiques Grâces
" Parc Radial ", zone de flou radial, ralentir !
Ou
encore la traversée du Parc Radial, avec un arrêt express
sur le bas-côté, quelques-uns s'étant plaints
d'un haut-le-cur :
" Ne vous inquiétez, pas M. Feyd, c'est sûrement
un effet de flou ! ", lui jette le guide-robot d'un ton rassurant.
" Ça ressemble plutôt à un effet de piquette,
si vous voulez mon avis "
Hilare, Sami a lancé sa vanne sans méchanceté,
mais voilà que deux ou trois autres congénères
se lèvent avec précipitation :
" Caramba, ne me sens pas si bien, moi non plus ! " dit
Jeneverito.
" Moi idem ! " dit Sebastien.
" Et moi itou ! " dit Hadja.
" Elle est pas nette, votre planète ! " proteste
JiF en rejoignant le groupe et en se pliant en deux dans un affreux
borborygme.
Cinq minutes après, le groupe s'est retrouvé pour la
première fois réuni par un immense et joyeux éclat
de rire !
L'ASTROFREUD du docteur Annecat.
Et
le défilement accéléré des jours continue,
comme si les organisateurs cherchaient délibérément
à les étourdir, à moins que la sensation provienne
du rythme naturel que la faune robotique imprime aux lieux - car la
Station semble s'être vidée de toute présence
humaine, à part celle d'Annecat, la psychologue de l'Académie,
qui les accueille tour à tour dans son Astrofreud , le petit
salon de consultation à propulsion autonome qu'elle range soigneusement
dans un local bouclé à double tour après chaque
consultation. Sa voix douce, attentive aux moindres inflexions de
ton, contribue beaucoup à rassurer les Graphonautes, qui se
retrouvent chaque soir dans leur chambre aux parois nues, épuisés
par la frénésie des horaires et l'effet de la micro-gravitation.
Une communication de M. Tylor Pajoz, directeur de l'Académie
Delta.
Enfin,
jeudi soir, après une semaine en orbite, la voix du directeur
de l'Académie, M. Tylor Pajoz résonne dans les coursives,
précédées de quelques chuintements et craquements
de haut-parleur :
" Bonjour, les amis, j'espère que vous allez bien
Je vous parle de Coconino City, où le temps est exécrable,
soit dit en passant
Tout d'abord, nos excuses les plus plates pour l'absence d'encadrement
humain. Les bots ont dû vous l'expliquer mais tous les chercheurs
de la Station sont actuellement en réunion extraordinaire.
Cas de force majeure. Nous espérons que les choses rentreront
dans l'ordre rapidement. Par ailleurs, certains de vos espaces de
vies sont encore inaccessibles. Nos senseurs ont détecté
la présence de quelques traces de champignons vénusiens
dans l'atmosphère, rien d'inquiétant, bien sûr,
mais nous préférons nettoyer vigoureusement les lieux.
Le grand Salon sera ouvert jeudi prochain. En attendant, je vous propose
de décorer vos chambres, et de continuer à vous habituer
aux effets de la micro-gravité.